Restauration de Sainte-Croix, un chantier de plusieurs années

Commençons par un petit rappel historique. L’église a été édifiée par le seigneur de Fourqueux au XIIe siècle en remplacement de la chapelle mérovingienne du VIIe siècle construite en bois par Saint Érembert. Saint Louis et sa mère Blanche de Castille auraient contribué à l’édification de l’église. Achevée en 1260, l’église conserve de cette époque le chœur et une travée. Elle reprend la disposition des églises rurales en Ile-de-France et se rattache au style gothique primitif (Saint-Denis, Laon, Noyon…) : croisée d’ogives, murs épais, absence de transept.

Pendant la guerre de Cent Ans, un incendie détruit la partie supérieure de la nef. À la fin du XVe siècle sont construites les trois travées occidentales et la chapelle des Bouvard. L’entrée orientale disparaît au profit d’un portail méridional.

Pendant la Révolution, l’église est abandonnée et subit de nombreuses dégradations. Les dégâts sont réparés en 1802.

En 1840, à l’incitation de l’abbé Roussel, les propriétaires décident de l’édification d’un nouveau clocher pyramidal en pierre, dont la lourdeur mettra l’édifice en péril.

L’église est classée monument historique en 1946.

Dans les années 1950 la crypte est découverte. Elle aurait été creusée par Michel  Bouvard (1687-1754 ), un arrière petit-fils de Charles Bouvard, 1er médecin du roi Louis XIII. Elle ne contient que des caveaux. C’est ce que l’on appelle le caveau des Bouvard, situé sous la chapelle de la Vierge.

Déposé en 1962, le clocher pyramidal est remplacé par un clocher en bois et brique en 1969 suivant le modèle d’avant la Révolution.

Aujourd’hui, des désordres structurels portant sur deux piliers au fond de l’église imposent d’intervenir et de lancer des travaux importants.

Un diagnostic a été réalisé en 2019. Nous avons demandé à Anne Philippe, maire-adjointe de la commune déléguée de Fourqueux, élue en charge de cette restauration pour Saint-Germain-en-Laye commune nouvelle, de nous préciser les enjeux de cette opération. « Le clocher est en structure bois habillé en « tuiles de pays ». Il n’est pas prévu de modifier ou de toucher au clocher. La couverture en mauvais état sera refaite à l’identique avec des petites tuiles plates. Ce sont les éléments hétérogènes de charpente (dont une partie en béton armé) auxquels contribuent des eaux souterraines de proximité qui causent ces désordres sur les piliers et la structure. Des mesures conservatoires des piliers par cerclages ainsi que le renforcement des croisées d’ogives ont été réalisés. Des relevés piézométriques surveillent le niveau de la nappe phréatique. Les solutions de reprise doivent être soumises et surtout approuvées par la DRAC et l’architecte des Bâtiments de France avant toute exécution. C’est la raison des délais. »

Voilà qui explique les renforts de piliers et les témoins posés. Une étape nécessaire pour aller plus loin.

Une première estimation du coût total de la restauration (études, travaux et honoraires) s’élève à 1,28 million d’euros. Des subventions de la DRAC (ministère de la Culture) et du Conseil départemental des Yvelines sont sollicitées par la commune nouvelle de Saint-Germain-en-Laye qui prend en charge l’opération.

La partie gauche des dernières travées a été interdite au public ce qui réduit la capacité d’accueil de l’église pour les grandes célébrations. Les études et travaux pourraient s’étaler encore sur plusieurs années.

Cet article est la synthèse sans prétention de plusieurs sources et d’anciennes publications. Soyez indulgents ! Si vous avez connaissance d’autres éléments, vous pouvez, vous devez apporter vos observations et corrections en commentaire pour nous éclairer davantage sur l’histoire de notre cher clocher. Merci d’avance !

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1 commentaire sur “Restauration de Sainte-Croix, un chantier de plusieurs années

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