Journées du patrimoine dans nos églises

Dans le cadre des journées européennes du patrimoine des 19 et 20 septembre, trois rendez-vous dans les églises de notre communauté paroissiale de la Sainte Trinité :

►Samedi 19 septembre : A l’église Saint-Étienne une visite commentée par l’association AREMa sera proposée à 15 heures.

AREMa29

►Dimanche 20 septembre :
A l’église Saint-Léger à 15h une après-midi de découverte de notre Patrimoine religieux sur le thème « Apprendre pour la vie » avec 3 courtes conférences animées par le Père Benoît (la transmission de la foi : Bible, tradition, liturgie), Sophie Roubertie et Françoise Fayand (l’art chrétien, catéchèse initiatique) et Claude Gautier (une pédagogie de la foi pour tous les âges de la vie) suivies à 16h45 par un temps littéraire et musical de 30 à 45 mn, proposé par Patricia Mure et Laurent Lechowski.
A l’église Saint-Étienne à 15h également, Mme Marguelle, Conservateur des Antiquités et Objets d’Art, et M. Giordani, Restaurateur des statues découvertes lors de recherches archéologiques et replacées dans l’église le 22 juillet dernier, nous proposeront une causerie autour de ces chefs d’oeuvre du XIVe siècle, suivie d’une visite commentée de l’église par l’association AREMa dont nous relayons ci-dessous la dernière lettre d’informations.
A l’église Sainte-Croix de 16h à 17h visite commentée.

Un peu d’histoire…

Petite incursion dans les archives paroissiales de Sainte-Croix de Fourqueux… Nous sommes au printemps 1962, l’église croule sous le poids de son clocher du 19ème siècle qui risque de s’effondrer et tout le bâtiment avec lui. Une reconstruction du clocher paraît être nécessaire (ce qui sera fait seulement en 1976) et c’est l’occasion de faire des recherches sur l’église et son clocher qui est la cause des désordres.

Un nouveau venu dans la paroisse, le commandant de génie Benoît, est particulièrement actif sur ces travaux historiques. Il est d’ailleurs cité dans une correspondance qui date du 10 avril 1961 entre le curé du moment et un prédécesseur. Les travaux de restauration sont en cours depuis déjà longtemps et on se demande s’il existe des représentations du clocher précédent dit en « fer de hache ».

Un an plus tard en mars 1962 les travaux se poursuivent et la croix du clocher est déposée. Sur l’embase de la croix on déchiffre l’inscription de fonderie :

CE CLOCHER
A ETE ERIGE EN MDCCCXXIX
PAR Mr. L’ABBE ROUSSEL
CURE DE FOURQUEUX

Si l’on en croit Les Échos de Seine-et-Oise du 11 avril 1962 cette inscription aurait levé les dernières incertitudes sur l’origine de ce clocher. L’hebdomadaire publie à cette occasion la photo de l’église dans son état de 1962 (avec donc son clocher de 1829, c’est la photo qui est au début de cet article) et un astucieux montage photo (ci-dessous) représentant l’église avec le clocher d’avant 1829. Montage photo qui n’est pas sans ressemblance avec notre Sainte-Croix de 2020.

Les témoignages sur cet épisode de l’histoire de Sainte-Croix sont les bienvenus en commentaires. Après tout 1962 ce n’est pas si loin !

Un peu d’histoire…

L’Association pour la Restauration de l’Église Saint-Étienne de Mareil-Marly (AREMa) publie sa Lettre n°17. Le chantier de la restauration connaît des retards, les entreprises contactées par les architectes ne pouvant se rendre sur place ce qui entraîne un report de la date de remise des offres et en conséquence celle de début des travaux. Mais l’association AREMa nous propose dans sa Lettre une intéressante notice historique que nous relayons ici.


En cette période de confinement, à défaut de pouvoir agir efficacement pour notre église, nous vous proposons de faire succinctement connaissance des deux personnalités qui ont permis le classement de Saint-Etienne au titre des Monuments Historiques : le Maire Gustave Paulin et le Curé Joseph Léturgie.

Deux dates sont intéressantes à rapprocher : 1840, première liste des monuments et objets inscrits aux Monuments Historiques – 1853, classement de l’église de Mareil-Marly, soit seulement 13 ans après la première liste…

Chevalier Colonel Jean-Charles-Gustave Paulin, Maire

Né à Sorèze (actuel département du Tarn) le 4 novembre 1785, il effectue ses premières études au Collège de Sorèze, est admis le 24 septembre 1803 à l’Ecole Polytechnique (fondée en 1794) avant d’entrer à l’Ecole d’Application du Génie. Lieutenant en 1807, il est envoyé à Alessandria (Piémont). Capitaine en 1809, il est nommé à l’état-major du Génie. En 1812, c’est
la campagne de Russie pendant laquelle il construit avec sa compagnie l’un des deux ponts sur la Bérézina. Il est promu la même année Chevalier de la Légion d’Honneur, Chevalier de l’Empire. En 1815 son grade de capitaine d’état-major est confirmé par le roi Louis XVIII.

Il se marie en 1816 à Brest. En 1818 il est créé Chevalier par lettre patente du roi. En 1823 il est élevé à la dignité de Chevalier de l’Ordre de Saint-Louis.

En 1830, nommé chef de bataillon, il est affecté au commandement du Corps des Sapeurs-Pompiers de Paris avec pour mission de remettre de l’ordre dans un corps particulièrement désorganisé.

1831, Officier de la Légion d’Honneur. 1834, lieutenant-colonel. 1845, mise à la retraite avec le grade de colonel.

En 1832 il avait acquis une maison à Mareil (actuelle Maison de la Montjoie, profondément modifiée par les propriétaires successifs). En 1849 il entre au Conseil Municipal. En 1852 il est nommé Maire par le préfet. En 1853 il crée le Corps des Sapeurs-Pompiers de Mareil. La même année l’église est classée au titre des Monuments Historiques. En 1854 il fait construire la Mairie-Ecole (actuelle bibliothèque). En 1859 il quitte la charge de maire. En 1861
il vend sa maison de Mareil et se retire à Paris.

En 1864 il est promu Commandeur de la Légion d’Honneur. Il s’éteint en 1867 et est inhumé au Cimetière du Montparnasse.

Abbé Joseph Léturgie, Curé

Né le 9 octobre 1801 à Béthune (Pas-de-Calais), il consacre la première partie de sa vie à l’étude des sciences et des arts avant de se rendre compte qu’il lui fallait plus que des corps à guérir, mais qu’il avait besoin d’entrer en communication avec des âmes. Après avoir été puiser à Saint-Sulpice ces qualités maîtresses qui font l’homme de Dieu, il part à Nancy où il reçoit la
prêtrise des mains de Mgr Sibour au mois de juin 1841.

Après deux ans comme curé près de Toul, trois ans aumônier à la Nativité de Pont-à-Mousson, deux ans comme aumônier d’un couvent du même ordre à Saint-Germain-en Laye, il est nommé curé de Mareil-Marly en 1849 où il reste jusqu’en 1856.

Aumônier du couvent de Grand-Champ à Versailles jusqu’en 1858, il est nommé vicaire à Saint-Germain-en-Laye jusqu’en 1862 puis aumônier de l’asile du Vésinet jusqu’en 1873 car, de santé chancelante, il est contraint de donner sa démission pour se retirer dans une modeste demeure qu’il possédait à Marly-le-Roi. Jusqu’au dernier moment, il se mit au service des
pauvres, des pêcheurs, des malades, des affligés de toute condition.

Il rend son âme à Dieu le 13 janvier 1889 et repose dans le cimetière de Marly-le-Roi où sa sépulture, victime des outrages du temps, est dans un bien triste état…


Comme nous pouvons le constater, nous avons bien affaire à deux personnalités exceptionnelles dont peut s’enorgueillir notre village et qui nous montrent le chemin à suivre : mettre tout en œuvre pour conserver à notre église Saint-Etienne la beauté qu’elle a su conserver après 800 ans d’existence…
arema.mareil@gmail.com

Chemin de croix de Sainte-Croix

A l’occasion de ce Vendredi Saint confiné, nous aimons à partager ce que nous avons pu rassembler concernant le chemin de croix de Sainte-Croix de Fourqueux afin qu’il nous aide à prier en ce jour. Il a été réalisé par Henri Marret pour cette église en 1922. Le peintre s’est sans doute inspiré de la statue du Christ en tunique rouge portant la croix qui fait face à l’entrée. Les stations pour lesquelles nous disposons de photos de bonne qualité sont à la fin du chemin de croix.

IX Jésus tombe pour la troisième fois.
XIII Jésus est descendu de la croix et son corps est rendu à sa mère.
XIV Le corps de Jésus est mis au tombeau

Le chemin de croix est composé de 14 fresques sur ciment enchâssées dans des cadres en bois. 12 fresques sont de taille 54,5 x 54,5 cm ( 61 x 61 cm encadrée) , et de 2  fresques de taille 56  x 188 cm ( 62 x 194 cm encadrée ). Endommagé par l’humidité, il a été restauré en 2008.

Henri Marret (1878-1964) est donc un fresquiste que Maurice Denis présentait avec un peu de malice comme « le meilleur illustrateur de murailles de son temps« . Il s’est installé à Fourqueux en 1919 car c’est là que sa famille s’était réfugiée pendant la guerre dans la maison de ses grands-parents. Dans un petit ouvrage très documenté paru à l’occasion des journées européennes du patrimoine de 2009, l’association Fourqueux Patrimoine évoque l’artiste mais aussi le paroissien.

« Au-delà de l’artiste, Henri Marret est un homme tourné vers les autres ; il s’intéresse vivement à la vie paroissiale et éditera une série de dessins, sous forme de gravures sur bois, destinés à illustrer les bulletins paroissiaux. Il réveille même une tradition : celle de la fête des fruits au moment des récoltes. Chaque année, dans le parc de la maison familiale, il accueillait la procession de la Fête Dieu et construisait à cette occasion un reposoir qu’il décorait lui-même particulièrement intégré dans son architecture de jardin. Maurice Denis s’en serait inspiré pour plusieurs de ses tableaux. »

Voilà qui peut nous rappeler un joli souvenir. Le 20 juin 2019, Fête Dieu : avec le père Rémy nous marchions ensemble en procession, de Saint-Étienne à Sainte-Croix, avec deux étapes « reposoirs » dont la seconde était dans le parc de l’ancienne maison de Henri Marret (dite aussi maison Victor Hugo) à Fourqueux.

Promettons-nous déjà de nous retrouver nombreux pour la célébration du chemin de croix à Sainte-Croix de Fourqueux pour le prochain Vendredi Saint déconfiné, le 2 avril 2021 !

Merci à Fourqueux Patrimoine, contact : fourqueuxpatrimoine@wanadoo.fr

Sainte-Croix, 8 septembre 1836

Pour prolonger nos informations sur la restauration de l’église Sainte-Croix de Fourqueux, voici encore quelques nouveaux éléments de patrimoine à partager. Il y a quelques jours, les musées de la ville de Paris (donc pas le Louvre ou Orsay qui sont des musées nationaux) ont eu la bonne idée de placer dans le domaine public les images haute définition de plus de 100000 oeuvres. Parmi elles, deux peintures qui évoquent la première communion de Léopoldine, fille de Victor Hugo, à Fourqueux le 8 septembre 1836. Elles sont conservées par le musée des Maisons de Victor Hugo et ses deux sites de Paris (6 place des Vosges) et Guernesey (Hauteville House). Elles se trouvent probablement actuellement à Guernesey.

La première oeuvre nous plonge au coeur de la célébration du 8 septembre 1836, à l’intérieur de l’église. Elle est signée Auguste de Chatillon et est datée de la même année.

Afficher l’image haute définition.

La seconde est une huile sur toile d’un artiste que tout le monde connaît à Saint-Germain-en-Laye, Fourqueux et Mareil-Marly, Maurice Denis. Elle a été réalisée près d’un siècle plus tard, en 1933. Et c’est une charmante vue extérieure de Sainte-Croix qui nous offre une image familière même si le clocher a été reconstruit depuis et les sépultures déplacées.

Afficher l’image haute définition.

Les images haute définition proposées par les musées de la ville de Paris peuvent être librement reprises et diffusées et c’est d’ailleurs un peu le but de l’opération. Vous pouvez les retrouver ici. Mais il y a quand même une règle à respecter : le droit moral de l’auteur. Ne pas recadrer, déformer, dénaturer son oeuvre. Ce qui est bien la moindre des choses !